09/12/2008

Naissance d'une feuille de chou*

Voilà un peu plus d’un an que j’ai débarqué dans le bureau de Manu, à Montmorillon. Le rêve de voyage en roulotte commençait à prendre de la consistance et j’avais plein de questions en tête. Faire ou ne pas faire une formation longue à l’attelage ? Manu était responsable de la formation « utilisateurs de chevaux attelés » et j’avais pris rendez-vous. Dès les premiers mots, je lui avais exposé mon rêve. Un petit rire lui a échappé. J’étais bien tombée. Lui-même avait construit et voyagé avec sa roulotte. Depuis peu, il s’était sédentarisé avec Hélène, sa compagne, parce qu’ils venaient d’être parents. Mais ils rêvaient tous deux de repartir dans quelques mois… ou quelques années. J’arrivais avec ma liste de questions, Manu a pris le temps de répondre, patiemment. J’ai remis le nez il y a peu dans les notes que j’avais griffonnées et ça m’a remué des souvenirs touchants. Des souvenirs de ce moment où je parlais pour la première fois de cette roulotte, où ce rêve faisait écho à quelqu’un. Un écho qui me permettait d’avancer sur ma route en confiance, en ayant le sentiment qu’il y avait d’autres personnes à côté de moi. Hasard des hasards, Manu avait accueilli chez lui pendant deux ans un de ses copains, Greg, le temps qu’il construise sa roulotte. Il venait de prendre la route pour la première fois… la veille. En cette fin d’après-midi, alors que la nuit commençait à tomber, on est allés le rejoindre à la halte qu’il avait trouvée, près d’un lac, au milieu d’un petit village. Une belle fraternité entourait ces deux là. C’était touchant de les voir se retrouver. Manu, plein d’émotion de voir son copain prendre son envol. Greg et ses premiers instants de roulottier. Après avoir trinqué à son voyage, il a pris son accordéon, allumé quelques bougies, s’est assis sur le devant de sa roulotte et d’une belle voix chaude a réchauffé la nuit de ses chansons en « yaourt-slave », langue par lui inventée. Clin d’œil à la lune. C’était beau. On aurait pu croire la scène échappée d’un film de Tony Gatlif.Le lendemain, j’allais voir à quelques dizaines de kilomètres de là Pierre, roulottier, photographe. L’accueil fut tout aussi chaleureux et ses paroles toutes aussi précieuses. En repartant vers le nord, sur la longue route, le cœur empli de ces belles rencontres, je me suis dit que tiens, tout ce que j’emmagasinais, c’était dommage de le garder pour moi. Et la feuille de chou fut ! (* la feuille de chou est un feuillet en PDF que je fais tous les 2... 3... mois pour informer de là où j'en suis et pour me laisser un peu aller à l'écriture. Si vous m'envoyez un mail je peux vous faire parvenir les prochaines, n'hésitez-pas!)

19:15 Écrit par Mathilde dans Racontars | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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